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Le pétrole cher et les doutes sur l’IA prolongent les pertes des marchés boursiers mondiaux

La hausse du Brent jusqu’à 117 dollars et les interrogations sur le financement et la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle ont pesé sur les marchés boursiers pendant la semaine. Les tensions sur les marchés de la dette, notamment en France, ont accentué la pression.

Un baril de pétrole, un profil humain formé de circuits et un bâtiment classique fissuré apparaissent sous une grande flèche rouge descendante.
Illustration conceptuelle générée par IA · Edition Business

Les marchés boursiers mondiaux ont clôturé une semaine de pertes, marquée par la hausse du pétrole et l’incertitude quant à la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle (IA). Le Brent a atteint 117 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis avril, tandis que les tensions au Moyen-Orient et les dommages signalés sur des pétroliers dans le détroit d’Ormuz ont ravivé les inquiétudes concernant l’approvisionnement et l’inflation.

Le renchérissement de l’énergie s’est accompagné d’inquiétudes quant au coût du financement des grands projets technologiques et de tensions sur le marché de la dette souveraine européenne. Cette combinaison a incité les investisseurs à réduire leur exposition aux actifs risqués et à se tourner vers les obligations américaines et allemandes, considérées comme des valeurs refuges.

Le pétrole ravive les craintes d’inflation

L’évolution du brut a été étroitement liée aux nouvelles concernant le conflit au Moyen-Orient. Selon les informations publiées au cours de la semaine, le prix a temporairement baissé après des annonces faisant état d’une possible reprise des négociations entre les États-Unis et l’Iran, ensuite démenties, puis il est remonté sous l’effet des inquiétudes liées à une escalade du conflit et à ses conséquences sur l’approvisionnement.

Un pétrole plus cher peut se répercuter sur les coûts de transport, de production et d’énergie des entreprises. Il peut également compliquer la maîtrise de l’inflation. Cette perspective inquiète les marchés, car elle pourrait réduire la marge de manœuvre des banques centrales pour baisser les taux d’intérêt ou les maintenir stables. Elle ne signifie pas, à elle seule, qu’une hausse des taux va se produire : il s’agit d’un risque que les investisseurs intègrent dans leurs anticipations.

Les doutes sur l’IA portent sur son financement

L’autre foyer de pression a été l’ampleur des investissements nécessaires à la construction de centres de données et à l’achat de puces. Les marchés évaluent le temps qu’il pourrait falloir avant que ces dépenses génèrent des rendements suffisants, ainsi que la manière de les financer si les entreprises ne peuvent pas les couvrir avec leur trésorerie d’exploitation.

L’attention s’est notamment portée sur Meta. L’entreprise a annoncé une hausse de ses dépenses d’investissement et, selon les informations publiées, prévoit d’avoir besoin de centaines de milliards de dollars sur plusieurs années pour financer son infrastructure. Les comptes rendus ont également fait état d’un flux de trésorerie trimestriel négatif, une première depuis 2013, année où la trésorerie d’exploitation n’avait pas couvert les investissements. Ce chiffre a alimenté les interrogations sur la capacité des grandes entreprises technologiques à maintenir le rythme de leurs dépenses avec leurs propres ressources.

Les signaux envoyés par d’autres entreprises ont également pesé : Tesla a annoncé un bénéfice en baisse et une prévision d’investissement réduite, tandis que CoreWeave, qui a eu recours à l’endettement pour acquérir des puces Nvidia, a connu des séances volatiles. Ces cas ne prouvent pas que l’IA soit une bulle, mais ils contribuent à expliquer pourquoi le marché accorde davantage d’attention au coût du capital et à la génération de trésorerie, en plus de la croissance attendue du secteur.

La dette française accentue les tensions sur les marchés

La hausse des rendements de la dette souveraine européenne a constitué un autre motif d’inquiétude. Le rendement de l’obligation française à dix ans a dépassé 5 % pendant la semaine, un niveau qui, selon les informations publiées, n’avait pas été atteint depuis 24 ans. L’écart avec l’obligation allemande s’est creusé, traduisant une différence accrue entre les coûts de financement des deux pays.

En Espagne, la prime de risque s’est également légèrement élargie. À l’échelle mondiale, les investisseurs se sont tournés vers les titres de dette américains et allemands, considérés comme des valeurs refuges. Ce mouvement témoigne de la prudence face au contexte économique et politique, mais ne constitue pas une prévision de défaut de paiement de la France : les analystes cités dans les comptes rendus ont décrit un risque structurel et un éventuel frein durable, et non un défaut imminent.

Recul des marchés boursiers et recherche de valeurs refuges

L’Ibex 35 a perdu 1,7 % sur la semaine, pour s’établir autour de 18 800 points, malgré un rebond lors de la dernière séance, qui a limité le recul. En Europe, les marchés ont également baissé sur la semaine : le Dax allemand a cédé 2,3 %, le Mib italien 3,5 % et le Cac français 2,8 %. Aux États-Unis, le S&P 500 a terminé la semaine quasiment inchangé, tandis que le Nasdaq a enregistré l’une de ses séances les plus faibles depuis juin.

La réaction n’a pas été uniforme d’une classe d’actifs à l’autre. Les obligations américaines et allemandes ont bénéficié d’une demande de valeurs refuges, tandis que l’or n’a pas joué ce rôle pendant la semaine et est passé sous les 4 000 dollars l’once. Parmi les actions, les entreprises technologiques et certaines valeurs financières ont été les plus pénalisées lors de plusieurs séances.

Ce qu’il faudra surveiller dans les prochaines semaines

Pour les entreprises, cet épisode souligne l’importance de suivre à la fois l’évolution des coûts énergétiques et les conditions de financement. Dans le secteur technologique, le débat ne porte pas seulement sur le montant investi dans l’IA : il s’agit aussi de savoir si les projets peuvent générer des liquidités et des rendements justifiant ces dépenses. En parallèle, les mouvements du pétrole et des rendements obligataires continueront d’influencer les anticipations d’inflation et l’appétit pour le risque.

La correction hebdomadaire ne suffit pas, à elle seule, à conclure qu’une bulle a commencé ni à prévoir l’orientation future des marchés. Elle montre toutefois que, lorsque l’incertitude géopolitique, l’énergie chère et d’importants besoins de financement se conjuguent, les investisseurs peuvent réévaluer rapidement le risque et les valorisations.

Sources et méthode

  1. El petróleo y el miedo a la burbuja en la IA arrastran a las ... ↗www.elmundo.es
  2. El petróleo y el temor a una burbuja de la IA dejan una semana de pérdidas en las Bolsas ↗Cinco Días
  3. Nasdaq cae un 3% por el miedo a la burbuja de la IA y ... ↗www.merca2.es
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